Travail du sol, fertilisation et couverts végétaux

De l’article “AGROSCOPE DE CHANGINS: TRAVAIL DU SOL, FERTILISATION ET COUVERTS VÉGÉTAUXde Matthieu ARCHAMBEAUD, publié a TECHNIQUES CULTURALES SIMPLIFIÉES

 

L’institut de de recherche Agroscope de Changins en Suisse conduit un essai depuis 1969 avec quatre modalités de travail du sol et un autre depuis 1976 comparant diverses formes de fertilisation et intégrant notamment des couverts végétaux.

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L’abandon du labour permet de faire des économies et de meilleurs rendements. Le niveau de salissement est inversement proportionnel à la biomasse produite, si bien que les espèces les plus intéressantes pour contrôler le salissement sont également celles qui produisent le plus de biomasse et d’azote. Dans le cas de notre peloton de tête, le contrôle est effectif en moyenne à 95%, les pois ayant le meilleur résultat puisqu’ils ne laissent subsister que 1% à 2% des adventices (résultat encore une fois confirmée dans la pratique).

Les essais ont confirmé que la capacité d’absorption et de fixation de l’azote chez les légumineuses en interculture est généralement liée à la biomasse produite: on retrouve sans surprise la féverole (6 t/ha de MS, 163 kg/ha de N), le pois protéagineux Hardy (5 t/ha de MS, 150 kg/ha de N), les vesces velue (3,8 t/ha de MS, 163 kg/ha de N) et commune (4,4 t/ha de MS et 171 kg/ha de N), la gesse (3,5 t/ha de MS, 145 kg/ha de N). La comparaisonavec l’avoine (4 t/ha, 49 kg/ha de N) et la phacélie (4,5 t/ha, 53 kg/ha) permet de déduire que la fixation d’azote atmosphérique moyenne pour ces niveaux de biomasse est de 100 à 120 kg/ha ce qui est très loin d’être négligeable.

Matière organique, fumure, couverts végétaux: les essais de la station de Changins ne sont pas seulement intéressants par les informations et le recul que permet la longue durée. Leur intérêt réside également dans les objectifs définis par les chercheurs qui suivent de près les évolutions de l’agriculture de conservation et qui réussissent à sortir des données, des mesures et des indicateurs sur ce que nous pouvons observer de manière informelle sur le terrain. Notamment que le semis direct n’est qu’un outil et pas une finalité: même si la technique permet d’éviter le déstockage de la matière organique, la fertilité des sols est au final obtenue par des couverts végétaux performants qui permettent en retour la simplification voire la suppression du travail du sol.