Faune auxiliaire – Carabes

Du le report «FAUNE AUXILIAIRE. ET SI LES CARABES POUVAIENT CONTRÔLER LE SALISSEMENT?» de Cécile WALIGORA , publié dans Agriculture de conservation.

Les carabes ne sont pas que des mangeurs de limaces. C’est une aide déjà bien appréciée mais ces auxiliaires méritent encore davantage ce qualificatif parce que nombre d’entre eux consomment des graines au sol: les graines des plantes dont on ne veut justement pas… ou le moins possible !

Ces espèces se répartissent en trois grandes «familles trophiquesescarbatgranivor»:

+ les carnivores sont prédateurs d’autres invertébrés

+ les granivores sont strictement ou essentiellement phytophages et consomment notamment des graines d’adventices.

+ les omnivores

L’activité des carabes n’est pas la même au cours des saisons et correspond d’ailleurs au cycle d’une majorité d’adventices annuelles. Ainsi, et c’est ce qu’a montré, cette fois-ci, une expérimentation conduite sur 68 parcelles d’agriculteurs de Côte-d’Or, conduites en semis direct sous couvert, on ne retrouve pas les mêmes proportions de familles trophiques entre le mois de mai et le mois de septembre.

Un étude franco-britannique qui a eu lieu sur plus de 200 parcelles du territoire britannique montre la relation négative qui existe entre l’abondance de carabes granivores (abscisses) et le taux de renouvellement de la banque de graines d’adventices monocotylédones (en ordonnées).

Ceci tend donc à confirmer que les carabes prélèvent une part tout à fait non négligeable de graines avant que celles-ci ne s’enfouissent. Est-ce suffisant pour limiter le recours aux herbicides ? Une étude est actuellement en cours, coordonnée par l’équipe de l’Inra de Dijon. Elle concerne une centaine de parcelles, réparties sur l’ensemble de la France, suivies pour le moment depuis 3 ans (étude sur une rotation) où on a allégé, suivant différentes modalités, le recours aux herbicides.

On attend, bien sûr, avec une certaine impatience ce qui ressortira de l’étude d’allégement des herbicides, l’idée des chercheurs étant, à terme, de pouvoir dire aux agriculteurs: « à partir du moment où vous avez tant de carabes et donc tant de taux de prédation de graines, vous pouvez vous astreindre d’un traitement herbicide ». Il y a fort à parier que, là aussi, les conclusions appuient les démarches déjà initiées dans ce sens par beaucoup d’AdventiceCarabe-istes.